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festival moussa invite

contact: moussainvite@hotmail.fr

Festival "Moussa Invite" à Rufisque

12 juillet 2008

La 6e édition du festival ‘’Moussa invite’’, initié par le cinéaste Moussa Touré s’ouvre samedi au Jardin public de Rufisque avec au programme la projection de films documentaires de cinéastes africains.

Axé sur le thème ‘"’Afrique qui se filme’", le festival qui se poursuit jusqu’au 17 juillet permettra d’offrir au public des films documentaires sur l’Afrique fait par des africains.

Un film sur Robert Mugabé réalisé par un Zimbabwéen en exil sera projeté. Il est aussi prévu un documentaire sur la bande de Gaza au moment où les populations ont besoin ‘’d’en savoir plus sur ces sujets d’actualité’’.

Organisée en collaboration avec le Festival de Barcelone, la manifestation sera aussi l’occasion de visionner deux films de réalisateurs espagnols sur l’immigration clandestine..

Outre la projection de films-documentaires, le public aura aussi en première la dernière réalisation du cinéaste Moussa Touré ‘’Xulli Bët’’ (les yeux grand ouvert) et le film TGV.

Le festival fera aussi le lien avec la musique avec la participation de beaucoup de musiciens avec notamment la participation de Coumba Gawlo Seck.

Les prestations des artistes se feront en plein air au Jardin public de Rufisque de même que les projections des films faites à partir d’un écran géant installé sur les lieux.

 

 

Festival Moussa invite à Rufisque : Une semaine de films documentaires en plein air

Sources: Walfadjri

Le Festival Moussa qui se joue, du 12 au 17 juillet, en plein air au jardin public de Rufisque, sera parrainé cette année par Coumba Gawlo Seck qui prend le relais d’Ismaïla Lô et de Youssou Ndour - les parrains des deux dernières éditions. La présente édition sera un beau cocktail de musique et de films.
Le cinéaste Moussa Touré organise, en collaboration avec la mairie de Rufisque, le Festival Moussa invite, du 12 au 17 juillet, au jardin public de Rufisque. Ce partenariat avec la mairie de Rufisque permettra d’y inclure les festivités de l’hommage qui sera rendu les 11, 12 et 13 juillet, à Ndèye Déthié Diouf et à El Hadj Doudou Keita, d’illustres fils de la vieille ville. Le Festival Moussa qui se joue en plein air, sera parrainé cette année par Coumba Gawlo Seck qui prend le relais d’Ismaïla Lô et de Youssou Ndour - les parrains des deux dernières éditions. ‘Chaque année, nous nous rapprochons d’un musicien, car pour nous, le cinéma et la musique sont indissociables. De la même manière que la musique draine une foule, le cinéma draine également une foule’, explique Moussa Touré.
Le festival de cette année sera un mélange de musique et de films et verra la participation des artistes rufisquois Gorgui Ndiaye, Mame Goor, mais aussi des artistes venant d’autres régions : Samba Diabaré Samb, Shoula, des rappeurs et des invités surprises… Quinze films seront présentés pendant ce festival, dont certains sont peu connus des Sénégalais. Le samedi 12 juillet, jour de l’inauguration, sera montré aux spectateurs ‘Ndeppe’ de la jeune rufisquoise Daro Sarr, ce sera à 20 h. Ces spectateurs pourront, en outre, découvrir l’hommage à Doudou Keïta et Ndéye Déthié Diouf, fille de Ngalandou Diouf, qui sera suivi du dernier film de Moussa Touré produit en Inde et intitulé Xalibeut qui signifie en wolof (les yeux grands ouverts).
Le lendemain, dimanche, les festivaliers pourront visionner Binta y la grand idea de l’Espagnol Javier Fess. Zimbabwe, de la libération au chaos de Michel Reburn signera aussi son retour, après une forte demande du public qui l’a découvert l’année dernière. Deux autres films sénégalais Tontine de Ngoné Owens et Passion de Mamadou Fall seront livrés au public le lundi 14 juillet. Ils seront suivis de House of love de Cécil Moller. Et le mardi 15 juillet, les Rufisquois pourront découvrir Kora fola du sénégalais Abdoulaye Cissé et Inshalla Europa de David Fonséca. Le lendemain, le film Khor d’un autre sénégalais, Pape Samba Gaye, sera montré au public de la vieille ville. Rafah, chronique dans la bande de Gaza de Stéphane Marchetty et Alexis Monchodet clôturera cette avant-dernière journée du festival.
La dernière journée sera consacrée au film du maître d’œuvre du Festival, Moussa Touré, Tgv qui permettra d’introduire un film de fiction dans les séries de documentaires. Comme toujours, les documentaires se taillent la part du lion dans ce festival. Pour Moussa Touré, il est temps que le public africain s’approprie ce genre qui, non seulement, est le plus accessible, mais est le genre le moins cher pour le producteur. ‘Les Africains connaissent le documentaire, ils le vivent dans leur famille. Avec le documentaire, les cinéastes parviennent à s’adresser aux peuples. Il faut que les jeunes accèdent au documentaire’ soutient Moussa Touré qui en est à son 30e film documentaire.
Le festival est aussi une école de formation pour des jeunes cinéastes. ’Ce n’est pas seulement un festival de documentaire, mais un cadre où l’on forme des jeunes aux métiers du cinéma. Nous leur montrons le sujet à traiter, la réflexion qu’il faut dans la société’, clame Moussa Touré. Ainsi, comme par le passé, des jeunes Rufisquois seront formés aux rudiments du documentaire. Et comme l’année dernière, dix jeunes seront formés aux métiers de gestionnaire culturel par un professeur catalan, Marie Hélène Valpesta. ‘Ces jeunes ainsi formés iront dans les grands festivals en Europe pour se perfectionner. L’année prochaine, nous allons assurer la formation des jeunes musiciens’, dit l’un des cinéastes les plus primés du Sénégal.
Moussa TOURE (Cinéaste) : ‘Je ne demanderai plus rien au ministère de la Culture’
Le technicien du cinéma, Moussa Touré, est catégorique : il ne demandera plus rien au ministère de la Culture. Le motif est simple : ce ministère ne donne que des sommes dérisoires aux cinéastes. ‘C’est la sixième fois que j’organise ce festival, mais je ne travaille qu’avec mes propres moyens. Une fois, j’ai reçu une subvention au dernier moment, mais très dérisoire. Depuis, j’ai arrêté de demander une subvention à ce ministère. Je ne demanderai plus rien au ministère de la Culture. Si le ministère ne peut pas venir vers moi, je n’irai pas vers eux. Quand je gagne un prix, c’est pour le Sénégal’, crie Moussa Touré. D’ailleurs, le cinéaste croit que ses pairs et lui ne doivent plus rien attendre d’un ministère où s’est installée une polémique autour d’une somme d’argent donnée par le président Wade. ‘Je n’irai pas quémander au ministre de la Culture. Nous allons nous débrouiller seul’, lance Moussa Touré.

 

 

Moussa Touré, cinéaste, en festival à Rufisque :
" Saneex doit s'excuser publiquement auprès des enfants, comme Zidane l'a fait "

Le célèbre cinéaste Sénégalais, Moussa Touré, organise depuis trois jours à Rufisque un festival dénommé, « Moussa invite ».  L'objectif, selon lui, est de faire connaître aux jeunes Sénégalais le documentaire. Dans cet entretien, Moussa Touré revient, entre autres sujets, sur ce festival, sur l'état du cinéma Sénégalais, son prochain film, la bourde du comédien Saneex envers les handicapés et la communauté maure ; mais aussi, sur la possibilité de faire un film sur le drame en cours en Casamance.
Office : Vous êtes en festival depuis quelques jours à

Rufisque, peut-on en savoir les objectifs ?
Moussa Touré  : La jeunesse africaine, et surtout sénégalaise, ne connaît pas le documentaire ; cela veut dire qu'ils ne savent pas qu'il y a des Africains réalisateurs qui font des documentaires. C'est donc l'occasion pour moi de leur montrer des documentaires faits par des Africains. Le deuxième objectif, est de leur montrer mes films. Vous savez, j'ai fait plusieurs documentaires connus et reconnus dans le monde, et qui ne sont pas connus au Sénégal parce que ça ne passe pas à la télévision nationale. C'est une manière de diffuser aussi mes films documentaires, comme « Poussière de ville » qui a ouvert le festival, et que les jeunes ne connaissaient pas. Donc, c'est ça l'objectif de ce festival dénommé « Moussa Invite », qui va aider les jeunes à faire des documentaires parce que ce n'est pas trop cher à faire, surtout avec l'ère du numérique.
A quoi peut servir la production de documentaires ?
Cela peut servir à montrer comment on est, montrer ses tares, ses maux, ses joies aux gens, pour que ça amène des débats afin de régler certains problèmes de la société. Un peuple a toujours besoin de se connaître, mais beaucoup de Sénégalais ne connaissent même pas le Sénégal. Tout est concentré à Dakar, et un jeune de la capitale ne connaît même pas un jeune Bedik de Kédougou.
Quel est aujourd'hui l'état du cinéma sénégalais ?
J'étais connu à travers des fictions, mais depuis 2000 je ne fais que des documentaires. Moi, je crois que le cinéma sénégalais devrait se rendre compte qu'aujourd'hui, nous sommes dans le numérique, les choses devraient bouger et changer. Nous avons un cinéma traditionnel. Nous tournons de la même manière que Sembène tournait. Il faut maintenant un nouveau type de pellicule, du grand scénario et de grandes fresques. En effet, les choses ont évolué, on va maintenant dans des sujets essentiels avec des méthodes très légères, il faut que le cinéma sénégalais se rende compte de cela. Mais notre cinéma ne veut pas bouger dans ce sens, il est toujours traditionnel. Il y a d'anciens cinéastes, mais il faut qu'elles se rajeunissent un tout petit peu ; voilà.
Où en êtes-vous avec votre prochain film ?
C'est vrai, je le prépare, il s'intitule : « Le sommet de la montagne » et sera tourné à Kédougou. Le directeur de la photographie va venir d'Inde, de même que le chorégraphe. L'un des assistants réalisateur vient du Cameroun. C'est un film qui va être tourné avec 10.000 figurants ; c'est un film d'amour entre les Bassaris et les Mandings, et ce sera fait avec les nouvelles technologies.
Tout dernièrement, on a assisté à une sévère réplique des personnes handicapées et de la communauté maure, à propos du dernier produit du comédien Saneex. En tant que cinéaste, pensez-vous que ce dernier a été subtil sur ce qu'il voulait dénoncer comme tare de la société, à travers ce film ?
Je dis que culturellement, nous sommes des gens subtiles. On peut attaquer les mœurs, mais pas de manière frontale. Je suis contre çà. Nous sommes une culture subtile et notre cinéma doit refléter de ce que l'on est. L'image éduque comme la parole. Quand on est artiste, comédien, on éduque. La parole ne doit pas sortir d'une manière ou d'une autre. Les grands artistes de ce monde scindent le propos, quand ils doivent parler. Quand on est artiste, on peut s'attaquer à n'importe quelle mœurs, mais il faut savoir le faire avec sagesse. Zidane, il est très populaire à travers le monde. Lorsqu'il a donné un coup de tête lors de la dernière finale de la Coupe du monde, il s'est excusé auprès des enfants, parce qu'il sait que ce n'est pas un bon exemple à faire. Il faut que Saneex s'excuse publiquement devant les enfants ; et après, peut-être, auprès de ceux qu'il a offensés. Un peuple, on doit le respecter. Si Dieu te donne les moyens et la chance d'étaler les joies et les peines d'un peuple, il faut respecter ce peuple. La comédie s'apprend. Aussi, si vous voyez, Bernard Giraudoux, Alain Delon…, étaient de grands comédiens ; parce qu'ils ont appris la comédie.
Vous réalisez beaucoup de documentaires au Sénégal. Est- ce qu'il vous arrive d'avoir envie de faire quelque chose pour la paix en Casamance ?
Oui. Je me suis toujours dit qu'un jour, avec une caméra, je peux expliquer que cette paix est possible. Je crois que c'est possible de parler à un combattant, de lui dire : tiens, moi, je suis Sénégalais comme toi, dis moi qu'est-ce qui y a.
En général, ce sont les politiques qui discutent, mais pas les peuples. C'est quelque chose qui dure depuis longtemps. Les gens l'oublient. C'est terrible, 25 ans, c'est un quart de siècle. C'est une des tristesses de notre pays. Il est temps de demander aux uns et aux autres, c'est quoi le problème ? En fait, le peuple ne connaît pas le problème, personne ne le sait. On nous parle d'indépendance, d'autres parlent d'autres trucs. Mais personne ne sait rien, au fond.
Etes-vous prêt à faire ce film ?
Je crois que oui. Je suis prêt à le faire, même si ce n'est pas facile. Parce que cela nécessite des autorisations et autres. Mais, il faut que les gens sachent qu'ils ne sont pas là-bas pour aggraver les choses, mais pour rechercher et participer au retour de la paix. Nous qui voyageons assez souvent, avons honte parce qu'on nous pose souvent ce problème, et on essaye toujours de racoler. C'est comme une plaie pour nous.